D’ici 2030, un salarié sur quatre sera aidant. Ce chiffre, qui peut sembler lointain, est pourtant déjà une réalité dans de nombreuses entreprises. Avec le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie, les salariés qui accompagnent un proche âgé, malade, en situation de handicap ou en perte d’autonomie sont de plus en plus nombreux.
Aujourd’hui, la France compte 9,3 millions de proches aidants, dont 61 % exercent une activité professionnelle. Autrement dit, plusieurs millions de salariés concilient chaque jour leurs responsabilités professionnelles avec l’accompagnement d’un proche.
Longtemps invisible, cette réalité devient désormais un enjeu majeur pour les ressources humaines, la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) et la performance des organisations.
Aménagement du temps de travail, congé de proche aidant, dispositifs de soutien : voici un guide pratique pour identifier les besoins des salariés aidants en entreprise, et mettre en place des solutions concrètes au sein de votre entreprise.
Salariés aidants en entreprise : les chiffres
- 9,3 millions de proches aidants en France.
- 61 % d’entre eux sont en emploi.
- Environ 15 % des actifs sont déjà concernés.
- 44 ans : âge moyen des aidants.
- 34 ans : âge moyen d’entrée dans l’aidance.
Ces données montrent que toutes les entreprises sont concernées, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité, du grand groupe à la PME, du privé à la fonction publique.

Qu’est-ce qu’un salarié aidant ?
Un salarié aidant est une personne qui exerce une activité professionnelle tout en accompagnant régulièrement, à titre non professionnel, un proche en perte d’autonomie, atteint d’une maladie chronique, en situation de handicap ou confronté au vieillissement.
Cet accompagnement peut prendre de nombreuses formes :
- accompagner aux rendez-vous médicaux ;
- gérer les démarches administratives ;
- organiser les soins ;
- aider dans les gestes de la vie quotidienne, parfois à domicile ;
- Soutenir moralement un proche ;
- assurer une présence quotidienne.
Pourtant, beaucoup de personnes ne se reconnaissent pas comme aidantes. Elles considèrent simplement qu’elles « font leur devoir » auprès d’un parent, d’un conjoint ou d’un enfant. On parle alors d’aidant familial ; et l’entrée dans la vie d’aidant se fait souvent sans même s’en rendre compte.
Cette invisibilité explique pourquoi le sujet reste encore peu abordé dans les entreprises.
Pourquoi les salariés aidants représentent-ils un enjeu RH ?
L’aidance ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise.
Concilier vie professionnelle et accompagnement d’un proche entraîne souvent une importante charge mentale qui s’ajoute à la charge de travail, une fatigue chronique et un stress permanent.
Selon les enquêtes menées auprès des aidants :
- près d’un aidant sur deux déclare souffrir d’une fatigue importante ;
- près d’un tiers présente des symptômes d’anxiété ;
- beaucoup renoncent à leurs loisirs, à leurs congés, voire à certains soins pour eux-mêmes, au détriment de leur propre santé.
Ces difficultés ont naturellement des répercussions sur la vie professionnelle :
- absentéisme ponctuel ;
- présentéisme (être présent sans pouvoir être pleinement disponible) ;
- difficultés de concentration ;
- risque de burn-out ou épuisement professionnel ;
- un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle de plus en plus fragile.
Pour les entreprises, les conséquences sont bien réelles :
- augmentation des risques psychosociaux (RPS) ;
- baisse de l’engagement ;
- difficultés de fidélisation ;
- perte de compétences lorsque certains salariés réduisent leur temps de travail ou quittent leur emploi.
Le soutien aux salariés aidants devient ainsi un véritable enjeu de prévention et de management.
Une opportunité pour développer une politique RH plus inclusive
Prendre en compte les salariés aidants ne relève pas uniquement de la solidarité.
Les entreprises qui reconnaissent cette réalité renforcent également :
- leur politique de QVCT ;
- le bien-être au travail ;
- leur marque employeur ;
- leur capacité à fidéliser leurs talents ;
- le dialogue social ;
- l’engagement des collaborateurs.
Être aidant conduit aussi à développer des compétences particulièrement recherchées dans le monde professionnel : sens de l’organisation, adaptabilité, gestion des priorités, anticipation, écoute, résilience et capacité à résoudre des situations complexes.

Reconnaître les salariés aidants, c’est aussi reconnaître ces compétences souvent invisibles.
Comment accompagner les salariés aidants en entreprise ?
Il n’existe pas de solution unique.
En revanche, plusieurs actions peuvent faire une réelle différence :
- Sensibiliser les collaborateurs à la réalité de l’aidance.
- Former les managers à détecter les situations de vulnérabilité ou de fragilité.
- Proposer des aménagements d’horaires : télétravail, temps partiel, horaires flexibles ou absences ponctuelles facilitées.
- Informer sur le cadre légal et les dispositifs existants :
- congé de proche aidant ;
- allocation journalière du proche aidant (AJPA) ;
- don de jours de repos entre collègues ;
- plateformes d’accompagnement comme Ma Boussole Aidants, solutions de répit…
- Mobiliser les ressources internes et externes :
- assistante sociale ;
- médecine du travail ;
- mutuelle d’entreprise ;
- la caisse de retraite ;
- ou le groupe de prévoyance (Agirc-Arrco, Malakoff Humanis ou Klesia proposent une action sociale dédiée aux aidants : aides financières, soutien psychologique, écoute et orientation) ;
- Favoriser un climat de confiance permettant aux salariés de parler de leur situation d’aidant.
- Intégrer l’aidance dans la politique RH et la démarche QVCT.
La première étape consiste souvent à rendre visible une réalité qui reste encore largement méconnue.
Bon à savoir : le congé de proche aidant est un droit inscrit dans le code du travail. D’une durée de trois mois renouvelable (dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière), il peut être pris en continu, à temps partiel ou de façon fractionnée. Le salarié peut bénéficier de l’AJPA, versée par la CAF, qui compense en partie la perte de rémunération.
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Le 6 octobre : une occasion de sensibiliser vos équipes
Chaque année, la Journée nationale des aidants, célébrée le 6 octobre, offre aux entreprises une formidable opportunité d’ouvrir le dialogue.
Cette journée permet de :
- sensibiliser les collaborateurs ;
- mieux faire connaître la réalité des salariés aidants ;
- lutter contre les idées reçues ;
- encourager les personnes concernées à demander de l’aide ;
- inscrire durablement la question de l’aidance dans la politique RH de l’entreprise.
Au-delà d’un simple événement de sensibilisation, cette journée peut être le point de départ d’une véritable réflexion collective sur la place des salariés aidants dans l’organisation.

Mes interventions pour accompagner votre entreprise
À l’occasion de la Journée nationale des aidants ou tout au long de l’année, j’accompagne les entreprises, collectivités territoriales et organisations dans leurs actions de sensibilisation.
Le Blason de l’aidance
Le Blason de l’aidance est un atelier collaboratif qui permet aux participants d’explorer leurs représentations de l’aidance, de partager leurs expériences et de construire une réflexion collective.
À travers une approche participative, il favorise les échanges, développe l’empathie et contribue à faire émerger une culture d’entreprise plus inclusive.
Conférence : Salariés aidants : quelle place en entreprise ?
Cette conférence s’adresse aux dirigeants, managers, responsables RH, CSE et collaborateurs.
Elle propose :
- un état des lieux de l’aidance en France ;
- les impacts de l’aidance sur le travail et la santé ;
- les enjeux pour les entreprises ;
- des pistes d’action concrètes pour mieux accompagner les salariés aidants.
L’objectif est de donner aux organisations des clés de compréhension et des leviers d’action pour transformer un sujet souvent invisible en véritable enjeu collectif.

Découvrir ma conférence sur les salariés aidants familiaux.
Anticiper aujourd’hui les défis de demain
D’ici quelques années, un salarié sur quatre sera aidant.
Les entreprises qui choisissent dès aujourd’hui de reconnaître cette réalité prennent une longueur d’avance. Elles construisent un environnement de travail plus humain, plus inclusif et mieux adapté aux évolutions démographiques de notre société.
Soutenir les salariés aidants, ce n’est pas seulement répondre à un enjeu social. C’est investir dans la qualité de vie au travail, la fidélisation des talents, la prévention des risques psychosociaux et la performance durable de l’entreprise.
À l’approche de la Journée nationale des aidants du 6 octobre, c’est peut-être le moment d’engager cette réflexion avec vos équipes pour de meilleures conditions de travail.
Vous souhaitez organiser une conférence ou un atelier de sensibilisation dans votre entreprise ? Je serais ravie d’échanger avec vous pour construire une intervention adaptée à vos besoins et à vos objectifs.
FAQ : vos questions sur les salariés aidants en entreprise
Quelles aides financières pour les salariés aidants ?
L’AJPA d’abord : cette allocation versée par la CAF compense en partie la perte de rémunération pendant le congé de proche aidant. La demande s’effectue en ligne, simplement. Ensuite, pensez aux partenaires de l’entreprise : mutuelle, assurance prévoyance, caisse de retraite complémentaire. L’Agirc-Arrco, Malakoff Humanis ou Klesia proposent une action sociale dédiée : aides financières ponctuelles, solutions de répit, soutien psychologique. Des services souvent méconnus… alors qu’ils sont déjà financés par l’entreprise !
Vers qui orienter un salarié aidant ?
Plusieurs ressources externes existent : l’assistante sociale, la médecine du travail, les plateformes territoriales et des outils comme Ma Boussole Aidants, qui recense les services près de chez soi. Ces relais accompagnent chaque parcours selon les besoins : information sur les droits, conseil, gestion des démarches, prise en charge de la personne aidée. Le rôle de l’entreprise : mettre ces informations à disposition, sur l’intranet ou dans un livret pratique.
Qui est concerné par l’aidance ?
Tout le monde ! Le dirigeant comme le jeune alternant, l’agent de la fonction publique territoriale comme le travailleur indépendant. On pense souvent aux aidants familiaux d’un parent senior, mais la famille prend des visages variés : conjoint malade, enfant en situation de handicap, proche en situation de perte d’autonomie. L’aidance ne prévient pas et ne choisit pas son moment. Voilà pourquoi chaque entreprise doit s’y préparer.
Comment mettre en place une politique aidants dans l’entreprise ?
Pas besoin d’un plan pharaonique pour agir. Commencez par des mesures simples : une formation des managers sur les salariés aidants familiaux, une information claire sur le cadre légal, des aménagements faciles à mettre en place. Puis structurez : un accord d’entreprise ou une charte formalise l’engagement et facilite la gestion des situations au quotidien. La preuve par l’exemple : les entreprises qui s’y mettent constatent vite les bénéfices sur la fidélisation.
Sources
- Ministère chargé de l’Autonomie – portail des aidants : https://aidant.gouv.fr
- DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) – études sur les proches aidants.
- Observatoire OCIRP des salariés aidants – éditions 2024 et 2025.
- INSEE – projections démographiques et vieillissement de la population.
